GRAAL

Guilde des Redoutables mais Amicaux, Aventuriers Ludophiles

Warhammer – Cueillette au bois-poison 1ère partie

Où la compagnie apprendra à distinguer les bons champignons des mauvais.

Personnages-joueurs présents :

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Mars Orya, elfe monte-en-l’air

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Helena Kramer, humaine avocate

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Lambertus Englander, humain patrouilleur rural et son cheval de guerre Verra

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Lotte Pfaffen, humaine chasseuse

Dans l’épisode précédent

Recherchés par la garde de la capitale de l’Empire pour un meurtre qu’ils n’ont pas commis, les aventuriers voguent sur le fleuve Reik en direction du nord, le temps de se faire oublier…

Leur dernière escale, au petit village de Weissbruck, leur a permis de se débarrasser de la mystérieuse chasseuse de prime qui en voulait, pour une raison qui reste à ce jour inconnue, à la vie de Lambertus.

La voie est désormais libre en direction de la ville marchande de Bogenhaffen, où un mystérieux héritage doit les attendre, mais le chemin est encore long.

Ce n’était pas des cèpes ?

Un ciel gris tacheté de flocons blancs surplombe la péniche qui se fraye courageusement un chemin entre les plaques de glace qui parsèment le fleuve. Ses voiles sont bombées par les puissantes bourrasques qui soufflent depuis tôt ce matin.

Dans la cabine, faisant office de garde-manger, Héléna est affairée à l’inventaire des provisions, lorsqu’un bruit dégouttant attire son attention. Cela provient du hublot où Samy est en train de passer la tête pour vider son estomac. Durak n’en mène pas large non plus, blotti sous ses draps le nain gémis «J’ai mal au bide…».

« Mais qu’est-ce que vous avez manger ?», s’écrie Héléna.

«Rien de particulier», répond Samy avant de déverser à nouveau ses entrailles dans le fleuve.

Soudain, Lambertus entre ostensiblement dans la pièce «Non mais c’est dégueulasse! J’étais en train de pécher. Qui a gerbé dans l’eau? Samy c’est toi ?»

Le halfling se redresse et referme le hublot, la couleur de son visage est à mi-chemin entre le vert et le violet. «Je crois que c’est les champignons d’hier.»

«Des champignons ? Mais quels champignons ?», crie Héléna.

« Ben quoi, à la dernière écluse j’en ai profité pour cueillir des champignons et faire une bonne omelette, ça change du poisson ! De toute façon c’est pas normal cette histoire, je m’y connais en champignons et ceux que j’ai cueilli sont délicieux dans le Moot.»

«Et toi Durak qu’est-ce qui t’a pris de manger les champignons de Samy demande Lambertus

«Il avait l’air si sûr de lui… Je lui faisais confiance moi. Aaah, mon bide !»

Le voyage continue et le groupe constate que tout cela ne va pas aller en s’arrangeant. Les teints de Samy et Durak sont toujours d’une couleur anormale et les vomissements ne cessent pas.

En interrogeant Wolmar et Gilda, les employés de Josef, Lotte apprend que le Serpolet est une herbe médicinale capable de guérir l’empoisonnement dû à cette variété de champignons. C’est une plante relativement commune mais il ne faut pas tarder à l’administrer aux malades.

Josef se veut rassurant : «Avec ce vent la prochaine écluse est dans moins d’une heure. Il y a aussi un petit village là -bas, du nom de Saftig. Ce sera l’occasion de nous fournir chez l’apothicaire du coin.»

winter

Saftig

«Eclusieeeeer!» la voix de l’elfe résonne contre les portes de l’écluse qui leur fait face. Sur la berge se dresse la maison du propriétaire. La bâtisse est seule, ce n’est qu’à quelques centaines de mètres vers l’intérieur des terres que l’on aperçoit les palissades de rondins de Saftig. Malgré les appels répétés, nul ne répond. Il n’y a que le son de l’eau, le souffle du vent et le grincement du bois. Lambertus propose alors de mettre pied à terre et d’aller directement à la rencontre du gardien. Les coups répétés sur la porte de chêne ne donnent rien non plus. A l’intérieur, les bougies entièrement consumées, tout comme le bois de cheminée, semblent indiquer que l’endroit a été abandonné précipitamment… Pendant que Josef et Lambertus se chargent d’ouvrir eux-même l’écluse, Héléna, Lotte et Mars cheminent le long de la morne colline recouverte de neige, direction le village.

L’entrée est marquée par une grande porte en bois aux battants grands ouverts. Alors qu’elles s’approchent, un sentiment d’effroi saisit les aventurières. Sur la poutre surplombant la porte elles aperçoivent une naine vêtue de haillons, ligotée. Ses longs cheveux en broussaille ont gelés, formant de petites stalactites. Ses lèvres entrouvertes, bleuies par le froid, dévoilent une bouche partiellement édentée. Mars ne peut supporter cette vision plus longtemps et escalade aussitôt la porte pour détacher la malheureuse. Dans les bras de l’elfe la naine est inconsciente mais semble encore vivante.

«Bon sang, Mars ! Mais qu’est-ce vous nous ramenez ?!» s’exclame Lambertus en voyant ses camarades revenir.

«Je t’expliquerais plus tard. Pour le moment elle a besoin de chaleur, je l’emmène près de la cheminée.»

Pendant que la survivante, profondément endormie, reprend des couleurs, Lambertus fait état de ce qu’il a pu trouvé dans la maison de l’éclusier. Ragoût brûlé, coffre-fort resté clôt, nécessaire d’écriture toujours sur le bureau, commode pleine, portes déverrouillées… tout porte à croire que le propriétaire est parti dans la précipitation.

Après avoir confié la naine aux bons soins de Josef, la compagnie au complet enfile des vêtements chauds, s’équipe de tout l’armement possible, et part explorer le village.

C’est une étendue plane d’à -peu-près un kilomètre carré, parcourue par un ruisseau gelée et parsemée de fermes, granges, greniers et masures, de part et d’autre d’une unique route. Le silence est lourd, presque étouffant, le climat glaciale rend l’atmosphère encore plus inquiétante. Nulle silhouettes, nulle fumées, nulle traces d’activités humaine récentes. L’inquiétude s’empare du cœur des quatre compagnons

Quelques instants plus tard, ils se rendent compte que les habitants sont juste devant leurs yeux, recouverts par la neige. Des dizaines de cadavres gisent ça et là . Rigides. Figés dans une position d’agonie et de terreur. Certains sont transpercés par d’archaïques lances de bois. Mars remarque que les lances sont typiques de l’artisanat des gobelins de la nuit, des ennemis qu’elle connaît bien. Pendant qu’elle cherche sous la neige d’éventuelles pistes de gobelins, Lambertus fouille l’intérieur des maisons.

Il remarque des traces d’ongles sous les lits et sur les planchers comme si de petites mains se seraient agrippées pour ne pas être extirpées de leurs cachettes. Aucun cadavre d’enfant n’a été découvert, tout porte à croire que ces derniers sont retenus prisonniers.

Sur la place du marché Lotte et Héléna repèrent la maison de l’apothicaire. L’intérieur a été saccagé. Fioles, grimoires, tiroirs, ingrédients, tout est sens dessus dessous. Une carte annotée par l’apothicaire indique qu’à un kilomètre du village se trouve le «bois-poison», dans ce bois il y a «le gouffre abjecte» autour duquel on trouverait du Serpolet.

De retour à la péniche, la naine est désormais éveillée. Elle s’appelle Petra et est âgée d’une trentaine d’année. Elle se souvient petit à petit, avec horreur, de ce qu’il lui est arrivé un jour plus tôt. Attaquée par les gobelins alors qu’elle travaillait aux champs elle s’est retrouvée rouée de coups et accrochée au dessus de la porte. Les gobelins, trop occupés à leur chasse à l’homme oublièrent la naine ici. Le froid fini par lui faire perdre connaissance, jusqu’à l’arrivée de la Compagnie ce matin.

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Perdons-nous dans les bois…

Alors que les bourrasques de vent glacial continuent de souffler, les quatre aventuriers partent en direction du bois-poison. Lambertus, juché sur sa jument Verra, fait halte le temps de consulter la carte. Sûr de son expérience de patrouilleur rural, il indique à la troupe dans quelle direction il faut aller pour atteindre rapidement le gouffre abjecte. Les trois jeunes femmes le suivent malgré la neige qui leur arrive jusqu’au mollet.

Trois quarts d’heure plus tard, pas de traces du moindre gouffre… Au beau milieu d’une cuvette aux bords escarpés où la neige s’amoncelle, le patrouilleur tente de s’expliquer.

« C’est pas ma faute si la carte est pourrie ! Elle est mal écrite.»

« Est-ce que tu la tiendrais pas à l’envers depuis tout à l’heure par hasard ?! »

« Mais ya pas d’sens! Ya pas d’nord, j’comprend pas. Et puis les sentiers sont pas indiqués.»

« J’ai faim, j’ai rien pris à manger…»

«Hé bien si c’est comme ça je grimpe à ce pin. J’y verrais peut-être assez loin pour nous sortir d’ici.»

Alors que l’elfe escalade les branches basses de l’arbre son sixième sens prend soudain le contrôle de son corps et lui inspire une peur rampante…

«Taisez-vous… Je sens quelque chose. Se cacher, faut qu’on se planque ! Grimpez !»

« Hein ? Avec ce vent? Je te suis pas moi…»

« Le bois des arbres est moisi ici, c’est pas prudent de grimper.»

«Et ma jument elle va grimper aussi ? Dis nous plutôt ce que t’as vue Mars

Verra semble elle aussi apeurée. Les oreilles dressées, son instinct de proie se manifeste.

Tout autour, sept pairs d’yeux luisants les fixent.

Des loups en quête de proies.

A suivre !

2 Comments

  1. Lors de la suite de l’aventure, le nombre de coup de feu tiré dans le vent a du rendre mon personnage sourd. . . 😀
    Sinon, je n’ai pas pu m’empêcher d’arrêter tout ce que je faisais pour lire l’article, dès que tu l’as mis en ligne !
    Courage pour la suite ! On l’attend avec impatience 🙂

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